Masquer et Concorde au Café de la Danse. Mardi 18 septembre 2012

Le Café de la Danse de toute façon c’est ma salle de concert préférée de Paris. C’est ma salle préférée, parce que j’y ai vu le plus beau concert de ma vie, 13 & God, un jour de juin 2005 (le 18) par une température tropicale, avec une salle en fusion (non? Eh ben si, voir ici); et une suite de soirée totalement absurde avec une soirée dans une villa de Montreuil remplie de coiffeurs et de coiffeuses. C’est ma salle préférée parce que j’aime bien l’idée du bar en hauteur, j’aime bien l’idée des gradins pour les gens fatigués, ou pour les concerts un peu chiants. C’est aussi ma salle préférée parce que j’y ai vu The Notwist, mais c’est une autre histoire. Au Café de la Danse, en y réfléchissant bien , je crois que je n’ai jamais vu de concerts vraiment mauvais, j’y ai vu des trucs un peu chiants auxquels je ne comprenais rien, mais c’est une autre histoire.

Ce soir, c’est un peu le soir des artistes qu’on a bien aimés sur feu Not for Tourists: Masquer et Concorde. J’avoue avoir un peu ricané sur l’accent du chanteur de Concorde, mais c’est un fait, le disque est très bon. Et puis, entre nous c’est quoi l’intérêt d’aimer aveuglément des trucs, si on a envie d’être un minimum de la presse d’opinion, il faut bien mordiller de temps en temps, ou sinon il faut s’appeler Lèche-moi-là, ou être le « blog » d’une agence de com’, s’extasier sur tout, parce que tu sais faire que ça et servir la soupe. Comment ça? Vous ne connaissez pas des trucs comme ça? J’ai dû les rêver alors, ou bien c’était un cauchemar.

En tout cas, je suis assis sur les gradins, en train d’attendre l’arrivée des deux suédois de Masquer, à côté de deux filles qui parlent de leur appareil photo (elles ont oublié la carte mémoire, et apparemment c’est un peu le drame, bah, il leur restera toujours leur iPhone pour faire chier les gens (j’espère juste qu’elles ont pas d’iPad dans leur sac à mains Marc J.).

Les Masquer arrivent sur la scène, c’est un duo qui vient de Stockholm, un petit bonhomme blond avec des lunettes de mutuelle, un très beau nœud papillon et une mèche; et une longue fille (Kiki) avec des cheveux un peu roux frisés, des chouettes chaussures et une jolie robe, qui brille un peu (Södermalm shopping pour les deux).

Le concert commence par Flings, le gars est à la guitare, le nez sur son set de pédales d’effets très fourni, et la fille a un synthé et le contrôle du laptop qui balance les boucles de batterie.

La particularité du groupe, c’est que c’est vraiment un groupe de home studio, qui emmènent leur setup jusqu’en concert. On se dit que parfois certaines de leurs chansons mériteraient une batterie, un gars d’Antibes y verrait bien un saxo et des chansons sur des villes églises, mais il a tort.  Ils jouent leurs chansons les plus marquantes, à part Stark Naked (déception pour le coup). La voix de la fille illustre bien les morceaux et le gars est super concentré sur ses couches de guitare qu’il ajoute aux samples et au synthé. Certes, la structure des morceaux est souvent sensiblement la même, mais le sérieux des protagonistes, et surtout la variété de la voix de la chanteuse fait la différence.

Ils enchaînent toutes leurs chansons rapidement, sans trop de pauses, le suédois est taiseux, on y retrouve Happiness et aussi Bang Bang. Par moment la voix me fait un peu penser à Nina Persson (Cardigans), ce qui n’est pas pour me déplaire d’ailleurs.

A la fin, je me dis que c’était une bonne première partie, idéale pour un début de semaine.

Une pause au bar, le temps de constater la présence d’une petite colonie suédoise (dont une fille avec des semelles compensées à faire pâlir de jalousie les gothiques). Et puis c’est le retour devant la scène, les instruments attendent sagement les parisiens de Concorde. Ils finissent par apparaître, devant un public qui leur semble totalement acquis à en juger les yeux ébahis et les sourires des gens. Ils sont quatre, un guitariste/clavier, un bassiste/clavier, un batteur, et un chanteur guitariste qui s’était d’ailleurs très bien habillé pour l’occasion (le cœur de cible du groupe est donc mouvant, entre les fans de musique, les gens qui aiment la pop fraîche, et les bloggeuses mode qui devraient vraiment apprécier le look du gars, je pense un instant aux deux minettes de toute à l’heure, mais je ne les vois plus).

Ils commencent fort avec Stay High, une de leurs chansons phares , sans doute pour mettre tout le monde dans l’ambiance. Je suis tout devant, et je me dis que l’accent du chanteur est toujours bien français, mais finalement on s’y habitue et ça marque moins que sur le disque (et puis en plus il m’a dit après le concert -ouais je parle aux musiciens, t’as vu?- que c’était au contraire un atout pour lui par rapport au public anglo saxon. Tout va bien, la tournée mondiale est proche, alors, et tant mieux).

Puis en prenant tout le monde en photo, je me dis que le gars me fait penser à quelqu’un, à côté de moi, une fille suggère Ricky Martin; mais rapidement, c’est l’évidence, ce gars ce n’est pas un quelconque chanteur Portoricain, mais bien Cristiano Ronaldo, le voltigeur des Açores. Du coup, comme le Real joue ce soir, je me dis que je vais avoir moins de scrupules à regarder les scores sur les internets pendant le concert. (D’ailleurs le PSG mène 3 à 0 à ce moment de la soirée et le Real n’est pas au top, mais après Cristiano a totalement libéré son équipe lui aussi).

Cristiano Concordo

Parce qu’il n y a pas que Cristiano qui libère son équipe, le guitariste chanteur de chez Concorde porte bien sur ses épaules son groupe, il insuffle un peu de « folie » (entre guillemets mais je me comprends) dans les compositions. Et du coup, je suis assez content d’entendre que le groupe enrichit bien ses morceaux en live, on a parfois l’impression d’entendre des trucs nouveaux.

Concert de Concorde (allégorie encore)

Bien sûr, il y a toujours ces passages bien hypnotiques (comme sur Be Cold, le truc qui me rend fou), des passages où on sent une influence de Pink Floyd ou d’Archive tiens même, pour les bonnes choses, hein, pour la répétition et le côté transe, pour le côté hypnotique et un peu dansant. Sur la scène le groupe ne s’économise pas, on sent qu’ils ont beaucoup bossé et qu’ils sont super heureux de jouer ce soir.

On ne s’ennuie pas une seconde dans l’étuve du Café de la Danse et quand ils quittent la scène après un final épique (oui et je pèse mes mots hein). Je me dis que la Café de la Danse va encore continuer à être ma salle préférée, la salle qui transforme les groupes.

Vivement le prochain concert des Concorde, et le retour des Masquer avec une batterie.

Bonus : la setlist des Masquer

  1. Flings
  2. Hanging
  3. Happiness
  4. Bang Bang
  5. Sordid Lie
  6. Smell
  7. Bills

(oui seulement sept morceaux mais c’était parfait)

J’ai pas la setlist de Concorde mais si vous écoutez ça en bougeant la tête dans un sauna, avec votre maillot du Real, ça devrait le faire:

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