Hector Gachan, une chambre en exil.

Basé à Sydney, Hector Gachan signe un premier album où il remet au goût du jour la bedroom music à l’esthétique slacker. On y croise le groove lo-fi de Part Time, la chillwave de Neon Indian au fil de onze titres d’hymnes pop miniatures. On fait les présentations.

 

Tu as grandi à Sarajevo. Quelle était l’ambiance de cette ville à cette époque   ?

Je suis né à Sydney mais je suis parti vivre à Sarajevo à l’âge de 13 ans, et je suis reparti vivre à Sydney à 19 ans, donc j’y ai passé toute mon adolescence. L’atmosphère y était incroyable. Sarajevo est une ville captivante pleine de vie et d’histoire et elle a toujours été une jonction où l’Est rencontre l’Ouest, une sorte de Jérusalem européen. Voir des mosquées, des églises, des cathédrales et des synagogues dans toute la vieille ville m’a vraiment donné l’envie de découvrir l’histoire de cette partie du monde, et son impact sur le reste de l’Europe qui reste assez peu connu pour l’européen moyen. C’est « My Own Private Sarajevo », pour moi. Et bien sûr, les heures sombres qu’a vécu la ville m’intéressent énormément.

 

Tu penses que cette ville a inspirée ta musique   ?

Bien sûr, les réminiscences de la guerre sont partout. Mais c’est surtout de voir comment les habitants sont courageux comme ma famille et mes amis qui m’inspirent. C’est une ville mystique qui m’a non seulement fait défier mes peurs, mais également aidé à acquérir une perspective sur la vie que je n’aurait probablement pas eu à Sydney. Sarajevo est une ville de héros.

 

Qu’est ce qui t’as décidé de partir vivre à Sydney   ?

Pour des raisons purement économiques. À 19 ans, je me suis rendu compte que je pouvais développer mon potentiel créatif plus loin dans une grande ville comme celle-ci.

 

Ça a été facile au départ de commencer une nouvelle vie dans cette ville   ?

L’ajustement a été difficile… Plein de gens partout alors que tout le monde reste assez seul. Plutôt étrange. Mais tu t’y habitues. Les gens sont un peu réservés et sont trop occupés pour s’asseoir et prendre un café après leur travail, contrairement à Paris ou à Sarajevo. C’est un rythme différent, une culture différente.

 

Et en tant qu’outsider, ça a été facile de se connecter avec les musiciens locaux   ?

Beaucoup. Je me sens toujours comme un outsider. Donc j’ai décidé de me focaliser sur mon songwriting, et l’enregistrement dans ma chambre, tout en me connectant avec des inconnus sur internet, comme je suis en train de faire en te parlant.

 

Ta musique est assez singulière, tu l’as décrirais comment   ?

Des trucs catchy. En fait, mes influences occidentales vont de Bob Dylan, Curtis Mayfield, John Lennon à MF Doom et John Maus. Pour le reste, de la musique brésilienne, éthiopienne, japonaise et yougoslave. Des trucs du genre Jorge Ben et Dino Merlin.

 

Des textes ont l’air assez personnels…

La musique vient en premier. C’est un truc que j’ai lu dans une interview de Nirvana. Quand j’écris les textes, je m’inspire d’expériences personnels bien sûr, mais aussi beaucoup de littérature comme Ralph Waldo Emerson ou des trucs intéressants que j’ai entendu dans des films ou à la télé.

 

Tu te sens proche de d’autres artistes   ?

Ouais, de quelques groupes de Sydney et de d’autres endroits comme Jermango Dreaming, Neon Tetra, Otis Thomas, qui est mon guitariste, et RALPH TV (signé également chez Nice Guys ndlr).

 

Que fais-tu quand tu ne composes pas   ?

Je travail, je répète, je passe du temps avec ma famille et mes amis, parfois je vais nager, je regarde le soleil se coucher… Je suis un mec plutôt ennuyeux en fait.

 

Tu as d’autres projets pour cette nouvelle année   ?

Je vais collaborer avec un artiste qui s’appelle Temporex qui est originaire de Californie. C’est un excellent songwriter, il a sorti un album absolument fascinant. Sinon RALPH TV qui vient de sortir un super EP, on va sûrement sortir un single ensemble. Et j’espère sortir un nouvel album dans les prochains mois, j’ai déjà 11 nouvelles maquettes. Donc pas mal de trucs ouais.

 

Un dernier mot   ?

Merci pour cette interview et faites toujours ce que vous craigniez !

 

Hector Gachan – Untitled ’91 (Nice Guys)

 

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