Baby Guru – Pieces (Inner Ear)

Baby Guru Pieces

Baby Guru, c’est un trio grec composé de Prins Obi, King Elephant et Sir Kosmiche. Ils aiment les claviers, et revendiquent des inspirations très kraut-rock. Pieces est leur second album, sorti chez Inner Ear.

Le disque démarre assez fort sur une chanson très groovy, aux rythmes soutenus pas des lignes de basses opérantes aux limites de l’afrobeat. On s’aperçoit assez vite que le groupe s’est réconcilié avec la guitare, qu’ils avaient ignorée sur leur premier album éponyme. Elle vient sur ce titre porter une joyeuse mélodie. « Necessary Voodoo » met tout de suite en jambe et prépare à une envolée charmeuse vers les contrés de l’indé.

La suite est plutôt bien. Moins marquant, le titre « For naked sun » prend le relai. Beaucoup plus calme il introduit des nuances psychédéliques avec des boucles de chœurs féminins et masculins. La première dose. S’ensuivent de douces mélodies posées sur un fond de basses entêtantes, « Say, say » est une caresse. Le chanteur prend des airs de conteur et ajoute une mesure de mysticisme à la formule du trio. « The things you do » prend la même voie, mais sur des airs plus pop, plus beatlesques. Le groupe maitrise plutôt bien le psychédélisme pop.

Ces premières compositions valaient un peu de détail, ce sont des réussites. C’est là, au cinquième titre que ça ne va plus trop. Dès ce moment on sentira au long du disque que les chansons se chargent de murmures, d’incantations et de vrombissements qui tentent de faire monter une tension chamanique, avec des tons plus sombres, plus lourds comme sur « Dolomite Jollity », mais ça ne prend qu’à  moitié.

En fait ils sont sur la bonne voie mais on a l’impression que leur musique stagne dans un entre deux. D’un côté la composition est bonne et de l’autre les chants ne fonctionnent pas du tout sur certains titres. Les voix affichent trop leur volonté de vouloir nous charmer avec des histoires de sorts et incantations, pas trop de finesse.

Les chansons oscillent entre du School Of Seven Bells allégé (le « sans saveur » serait un pléonasme ?) (« Amaye ») et quelques titres un peu barbants « The letter (reprise) » , « Last summer » sur lequel le groupe essaye peut-être d’instaurer une sorte d’euphorie, de confusion en répétant « All the people running » sur toute la chanson, on n’aime pas vraiment.

D’autres présentent des instrumentations intéressantes qui démontrent bien que les Baby Guru ont de l’inspiration. « Cyclamen Persicum » c’est bien, enivrant, allégé mais langoureux. « Children » est pas mal du tout sur les instrus, mais la voix et les paroles restent fades .

Le groupe porte assez bien son nom (s’il laisse un peu à désirer, il est au moins justifié). Quand ils restent sobre c’est funky. De la pop travaillée ça va, mais du chamanisme trop propre, ça agace. On a envie de les imaginer en train de se rouler dans la terre mais là on a plutôt l’image du groupe qui a passé des heures derrière une table de mixage à triturer les morceaux pour en arriver à une transe très contrôlée. À souhaiter plus de laisser aller, il faudrait voir ce que ça donne en live.

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