Francis LE GUEN – “Narcoses” (Glénat) et une rencontre avec un plongeur aventurier

Francis Le Guen - Narcoses (Glénat)

[quote align=”center” color=”#999999″]Sortez du pub et vivez l’ivresse des profondeurs avec Francis, plongeur mythique multi-talent. En plus on a une interview.[/quote]

Bad trip ultime ou euphorie incontrôlable, la narcose s’expérimente en plongée sous-marine (sous l’eau quoi, salée, douce ou sucrée même si tu préfères). Tu n’as jamais plongé parce que les palmes c’est moche ? C’est couillon pas grave, tu peux quand même éprouver la narcose au fil des 17 nouvelles, chanceux. Pas besoin de produits quelconques pour vivre cette expérience sensorielle tragique ou épique, proche du LSD ou de la mescaline (là, j’en sais rien…), juste de « l’air du bon dieu » et la pression (de la mer hein) fait le reste. Je vous épargne les détails techniques et la tenue d’homme grenouille. Ce livre sur la plongée ne s’embarrasse pas de considérations techniques usantes pour les non initiés et se concentre sur le récit de palpitantes histoires vécues vraies de vraies, la vérité. Francis, passionné et passionnant nous rappelle que ces exemples ne sont pas à suivre… un bon plongeur est un plongeur vieux (avec une bonne assurance).

Ici, les plus grands plongeurs, vous relatent l’aventure de leur vie, vécue de l’intérieur aux 4 coins du monde des années 70 à nos jours. Des types coincés dans des grottes au fond de l’eau, des pannes d’air angoissantes, des tonneaux de rhum kinder surprise dégueux (vous ne trouverez pas ce qu’il y avait dedans), un Nicolas Hulot qui se noie, des grecs déjà désorganisés, une sirène qui perd son string de bain aux Maldives (je racole là), des vortex, des courses aux records souvent tragiques, des travailleurs sous-marins barges, des gouffres, des créatures sous-marines, des extases etc. Un petit bouquin parfois déstabilisant à expérimenter, pas que pour les plongeurs, j’insiste.

Rencontre avec Francis Le Guen, l’ auteur

Francis, peux-tu expliquer à tout le monde ce qu’on peut ressentir quand la narcose te chatouille ?

En plongée, on éprouve dès la surface franchie une euphorie qui ne fait que grandir avec la profondeur. Cela est du à l’effet narcotique de l’azote sous pression. Personne n’y échappe au delà de 30m. C’est comme une “cuite” monumentale mais à jeun… D’autres ressentent une forme d’angoisse qui ne fait qu’empirer jusqu’à la paranoïa, au delà de 50 m et plus.
C’est une forme de lâcher prise, aussi. Ce bleu infini qui t’accepte, qui t’enveloppe, qui te noie… Presque une expérience d’isolation sensorielle. En plongée, il faut savoir renoncer aux pensées négatives de surface et s’oublier dans la concentration méditative des abysses.
Dans les très grandes profondeurs (quand j’explorais des gouffres noyés à plus de cent mètres en respirant simplement “l’air du bon Dieu”) j’ai éprouvé de véritables expériences mystiques, entre la vie et la mort. Au cours d’un accident dont j’ai bien failli ne pas revenir, j’ai même fait une NDE (Near Death Experiment) : le voile noir, le dédoublement de la personnalité, le grand tunnel obscur, puis la lumière blanche, éclatante. La révélation… Depuis, je suis resté “double”.

Après toutes ces années, ces voyages qui nous laissent béat, tu trouves toujours le plaisir de plonger pour toi entre tous tes projets ?

Oui, le désir de plonger ne quitte jamais “l’homme grenouille”. C’est une addiction. J’habite Marseille à 10 minutes de la mer “historique” et les profondeurs sont toujours là à me rappeler à leur bon souvenir. Je plonge avec quelques amis, loin de l’agitation des clubs. Je n’aime pas trop la “narcose de groupe”. C’est une aventure intérieure. Un voyage dans le ventre de la mer…

Question bonus : Si un jour tu passes à Rennes pour plonger dans la Vilaine, tu veux bien venir boire un coup avec nous, on connaît un super pub à narcoses avec des copines qui adorent les histoires ? (Corinne Bourbeillon, notre journaliste blogueuse et plongeuse rennaise  viendrait bien faire un tour..)

Volontiers ! Plonger dans “la Vilaine” : tout un programme ! Sauf que je ne bois plus d’alcool depuis longtemps : je suis tombé dedans quand j’étais “petit”… Mais, en tant que conteur, il paraît que je n’ai pas besoin de çà pour saouler mon auditoire. Je vous inviterais au voyage : des histoires jusqu’au bout de la nuit !

http://www.blog.francis-leguen.com/

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