Bachar Mar Khalifé au Café de la Danse (29.03.2013)

Le second album de Bachar Mar Khalifé “Who’s Gonna Get The Ball From Behind The Wall of the Garden Today? ” vient de sortir sur le label InFiné et le voilà ce vendredi soir dans un Café de la Danse presque complet. Une première consécration pour cet artiste d’origine libanaise, fils de Marcel Khalifé, qui a touché à la direction d’orchestre avant de se tourner vers l’électro.

Il y a parfois une impression qui domine quand on s’interroge pour savoir pourquoi on aime tel ou tel musicien, tel ou tel concert. Celle-ci s’impose avant toute réflexion ou décorticage. Chez Bachar Mar Khalifé, ce qui me captive, c’est de toute évidence,  son immense sagacité rythmique. Le fait qu’il chante principalement en arabe ainsi que son très bel usage des loops met en exergue cette capacité à jouer des variations de temps.

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Sur scène, plus que jamais, il invente une musique inédite, intelligente et raffinée mais jamais vainement alambiquée et par trop cérébrale. Seul à son piano et à son clavier, s’accompagnant de quelques percussions et de sa voix qu’il use comme d’un autre instrument, il livre des morceaux où s’entremêlent savamment intonations orientales, musique contemporaine, électro et inflexions presque jazz-pop. À la fois intimistes et puissants, ils ont quelque chose d’envoûtant, d’entêtant comme le sont les chansons soufis.

Je serais bien incapable de réduire la musique de Bachar Mar Khalifé à un genre particulier. A l’image du visuel de son album, celle-ci est kaléidoscopique à vous en donner le tournis. En même temps, par la chaleur de sa voix – et ce phénomène se confirme lorsqu’il reprend avec Kid A le “Machin chose” de Gainsbourg (“Machin Machine”), il sait insuffler quelque chose d’intimiste, de touchant et de généreux dans son son. On a souvent les larmes aux yeux, émus par une force subtile, une tension harmonieusement distillée.

On sent dans cette musique un farouche esprit de liberté et d’émancipation par rapport à l’ordre établi de la Musique. On est tant surpris que captivés et l’on reste suspendus durant toute la durée du concert.

Un concert en état de grâce.

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