MIDI Festival 2013. Jour 3. Dimanche 28 juillet 2013

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Après une dernière baignade ; et une balade en navette jusque sur les hauteurs de Hyères, je suis fin prêt pour le dernier jour du MIDI 2013, dans l’écrin de la villa Noailles, comme les années précédentes. En arrivant, on assiste à la fin du concert de Francis Lung, rescapé de Wu Lyf qui venait présenter son projet solo. Il n’a pas l’air vraiment dans son assiette, il est descendu au niveau du public, pied nu, petit bonhomme tout triste dans son costume blanc.

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Sans doute attendait-il beaucoup de ce retour à la Villa, après le passage tonitruant et incroyable d’il y a 4 ans avec Wu Lyf, sans doute avait-il très envie de faire aimer ses chansons personnelles, d’expier la séparation sans doute assez douloureuse de son ex groupe. Mais visiblement sa voix l’a trahi au dernier moment, le vide, la panne qui fait mal, au pire instant possible.

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Du coup il traîne sa peine et sa lassitude tout au long de son set, inconfortable pour lui et pour le public déjà bien nombreux. Après un dernier morceau interminable, il part se réfugier derrière le mur, comptant sur la thaumaturgie de la tribu qui est venue avec lui.

Après la pause DJ numéro un (oui il y a plusieurs djs qui officient ce soir, ce qui permet d’avoir une plus grande richesse musicale et différentes sensibilités entre les groupes), c’est au tour du presque régional de l’étape, habitué des lieux, et amateur du sud de la France : Christopher Owens. Il est lui aussi tout seul sur la scène, accompagné de Nikki sa plante fétiche, de son harmonica et de sa guitare. Il a aussi mis son plus beau pantalon taille haute et un haut serti de verroteries du meilleur goût.

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Ce n’est pas encore maintenant qu’on va voir des guitares saturées… Son set commence avec une chanson douce, puis en deuxième une chanson tirée du premier album de Girls (Summertime, donc), puis une autre Broken Dream Club (tirée du mini album éponyme). Pendant ces premières chanson je pense très fort à Connor Oberst / Bright Eyes, et je me dis que c’est un début idéal de soirée, calme, et tout simple. Les morceaux se suivent sans heurt, tout semble avoir une suite logique, je retrouve aussi avec joie My Ma une de mes chansons favorites du troisième album de Girls. L’avantage de Christopher Owens c’est qu’il t’enferme dans un nid douillet, et pendant la demi-heure de set tu ne vois pas le temps passer, tout juste saisis tu au vol les chansons que tu reconnais (« ah mais oui c’est du Girls ça ! »). Fin du concert, tout le monde sort de sa torpeur, le stress généré par Francis Lung est dissipé, et on est prêts à affronter le groupe suivant.

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Only Real monte sur scène, les anglais sont quatre sur scène, emmenés par leur leader Niall Galvin (les inrocks, jamais à une punchline éculée près ont parlé de rouquin anglais de 22 ans, c’est bien ça définit bien la musique d’un groupe). La musique ? Des guitares carillonnantes, parfaites pour une soirée au chaud sous le soleil qui faiblit, des paroles mi rappées, mi chantées un peu ironiques (vous avez dit The Streets ? Eh ben vous avez bien raison !). L’ensemble n’est pas si incroyable que ça, mais ça se marie bien avec l’ambiance début de soirée, et le tube, Backseat Kissing, est très efficace et bien entrainant.

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J’attends avec impatience l’arrivée des Swm Deep sur la scène, le peu de morceaux et de vidéos vus sur les internets m’ont mis l’eau à la bouche. Déjà, lorsqu’ils arrivent sur la scène je ne suis pas déçu, ils ont tous l’air de sortir de la pire friperie du monde, avec une mention pour le jean taille haute et la chemise du chanteur, et l’ensemble pantalon en vinyle et poncho patchwork de cuir du bassiste (peroxydé, en plus, sinon ce n’est pas drôle). Je regrette presque l’absence de petit sac à chichon accroché à la basse.

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Passé le premier choc de cette assemblée de looks variés, place à la musique, et là aussi pas de déception, c’est très très bien. Entre rock et psychédélisme gentillet, avec des relents et britpop ; un peu des KulaShaker des années 2010. L’impression est encore renforcée quand les gars font une reprise très chouette et énergique Girls Just Want To Have Fun de l’inégalable Cyndi Lauper. (avec un Y et un i, oui oui).

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Le concert est un enchainement parfait de chansons limite tubesques et les gars sur scène font vraiment le boulot, entre poses à la cool et mouvements de cheveux.

Après les gars de Birmingham, c’est au tour d’un autre groupe attendu, les Temples et leur son psychédélique (oui c’est très à la mode). Ils viennent de Kettering dans les Midlands., riante cité connue pour son industrie de la chaussure et pour avoir été le fief électoral de John Profumo (à priori il n’y a pas de lien, elle ne porte pas de chaussures). Là encore, les amateurs de looks de musiciens en ont pour leur argent, entre frisotis savamment travaillés, pull qui gratte, maquillage et oncles manucurés ; on est devant une sorte de mix entre les Horrors seconde période et The Who sur la fin.

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Au niveau de la musique, par contre, on est assez proche de la lecture du psychédélisme de Tame Impala, même si les Temples restent assez classiques et collent bien à leurs modèles. Les Temples font une forme de rock psyché revivaliste, on peut penser immédiatement aux super cools The Coral de Liverpool (ah tiens je me demandais quand je pourrai placer ça  dans un article, god bless le retour des kaléidoscopes et des effets Leslie), aux Byrds pour les guitares tranchantes, ou même par certains tics de composition et de production au travail de Flaming Lips (notamment sur Embryonic ). Autant dire que chaque morceau joué ce soir par le groupe peut être considéré comme un jeu de piste pour trouver des indices, et se dire qu’on a envie de réécouter comme groupe qui joue dans le même créneau.

Bien entendu ils jouent la très chouette Shelter song

Et leur autre tube Prisms, parmi d’autre morceau bien réussis.

Voir jouer en live ces chansons écoutées de nombreuses fois sur internet est un très bon moment, et ils prennent toute leur dimension avec du volume, et la pinède est l’endroit idéal pour découvrir le groupe.

Le concert parfait pour finir une bonne édition du MIDI festival, et le dernier groupe m’a donné une idée d’activité pour leur prochain concert.

De quoi s’occuper pendant les 12 mois qui nous séparent de l’édition 2014.

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