Matt Elliott – Only Myorcardial Infarction Can Break You Heart ( Ici d’ailleurs / Differ-Ant / Believe Digital 2013)

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Matt Elliott est cher à mon cœur. C’est un des premiers artistes dont j’ai chroniqué le concert. Je me rappellerai toujours de ce soir frileux de décembre 2008 où j’ai découvert ce mec qui dégageait autant de force que de sensibilité et de la claque musicale que je me suis prise. Happiness In Uppsala s’appelait alors Not For Tourists-Paris et était un Blogspot très moche. Il est de ceux qui m’ont donné l’envie d’écrire et surtout l’envie de découvrir.

Durant ces cinq dernières années, je n’ai, bien sûr, pas cessé de le suivre et d’être toujours aussi touchée par son travail.

Autant le dire tout de go, “Only Myorcardial Infarction Can Break You Heart » ne déçoit pas mes attentes et constitue une nouvelle pièce de choix dans la discographie de Matt Elliott (et dans ma discothèque).

Après avoir laissé Elliott sur un très sombre et abrupt “Broken Man”, on le retrouve aujourd’hui avec un album en forme de nouvel élan. Plus optimiste peut-être ou, du moins,  comportant quelques lueurs (à l’image de“Again”),  là où l’ombre était jusqu’alors prépondérante. Plus serein aussi, comme s’il avait trouvé un apaisement, une forme d’équilibre.

La mélancolie est toujours là, mais elle se fait plus douce, plus chaleureuse. Et, le son n’en devient que plus généreux. Preuve en est le magnifique et luxururiant “The right to cry”introductif, 17 minutes remarquables de finesse et de subtilité.

C’est beau et touchant comme un homme qui s’accorde le droit d’assumer ses faiblesses, ses craintes, ses doutes et sa sensibilité mais qui sait aussi vous rassurer ou bercer un enfant.

Aucune sensiblerie, ni d’aveu de faiblesse là-dedans pour autant car  il émane de “Only Myorcardial Infarction Can Break You Heart » – et d’ailleurs ce titre n’est pas insignifiant, une force où la violence d’Elliott, jusqu’ici plus ou moins contenue, est sublimée.

On est emporté, guidé par sa voix grave et chaleureuse, dans un tourbillon musicale et vocal fortement inspiré des musiques slaves – “I would have woken you with this song” en est un divin exemple.

Tout au long de ce disque remarquable, Elliott démontre, une fois de plus mais avec un nouveau souffle, son art de la composition harmonique et son sens aigu du song-writting et nous ravit par l’intelligence de ses architectures rythmiques et mélodiques.

On est suspendu, ému, touché.

“Only Myorcardial Infarction Can Break You Heart » est de ces albums intenses et entêtants que l’on écoute en boucle, tout autant parce qu’ils nous apportent un profond réconfort que parce que l’on ne se lasse jamais d’en explorer la complexité.

Une pépite que l’on très impatient de découvrir sur scène. Matt Elliott sera en tournée du 6 novembre au 13 décembre avec notamment un passage le 21 novembre par le Café de la Danse, un lieu qui sait si bien accueillir comme nous avions pu nous en rendre compte en 2012.

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