Bretón – Other People’s Problems (Fat Cat)

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Bretón c’est un nom avant tout, sans doute un des pire nom de groupe de tous les temps, qui leur assure cependant une admiration sans borne de la part d’une poignée de nationalistes celtiques à colliers de barbe fleurie. En fait les gars à capuche, découverts par hasard en ouverture ou presque de la soirée du vendredi soir aux transmusicales, ne font pas du tout référence à la région de l’ouest de la France, mais bien à l’artiste/écrivain/surréaliste Breton, André. Ce qui change beaucoup de choses, et leur impose de ce fait une exigence artistique de tous les instants et une cohérence absolue dans leurs choix, non?

Non, s’ils ont bien cette exigence, leur Bretónlab, et la masse incroyable de leurs productions étant là pour en témoigner; ils ne sont pas constants, et heureusement, car le son Bretón, c’est un mélange astucieux de musiques urbaines, hiphop, dub, dubstep, r’n’b, et même par moment on entend des réminescences du  défunt UK Garage, et une voix (à accent) qui fait penser aux grands moments du post punk et parfois même à XTC. Le tout est porté par une production assez incroyable (ça sonne) et une construction de morceaux plus pop qu’électronique. Chaque chanson est une mine de sons et d’ambiances qui invitent à tout écouter d’une traite, pour voyager dans l’unvers créatif du groupe
L’album pose le décor avec Pacemaker, ses violons samplés et hachés et son beat plein de contretemps, puis la basse électronique arrive avec la voix. On sent bien là l’influence du hiphop dans la manière de construire la musique. C’est comme autant de briques, qui finalement s’emboîtent pour donner une cohérence à l’ensemble.
On le vérifie sur le super chouette et tubesque Edward The Confessor, le genre de chanson que tu passes à une soirée, et où tout le monde vient te demander ce que c’est, parce que c’est fou, parce que la voix pas terrible du chanteur devient vite obsédante et tu te retrouves à essayer de la refaire dans tes toilettes. On a aussi Wood and Plastic qui lorgne du côté de New Order, avec cette basse obsédante, ces samples de violons et ce beat fou, qui pourrait même faire danser des zombies. Jostle et ses phrases musicales répétitives pour bouger les pieds et les hanches, et même Ghost Note proche de la la newrave (si si le truc dégueu à la Klaxons), mais une newrave aboutie et cérébrale, qui se serait accoquinée à l’electronica.
L’album se clôture par un au revoir, The Commission,  très beau morceau éthéré, à écouter à fond au casque et qui tend à  rappeller l’influence de Burial sur les musiciens un peu geeks du royaume. Même si les gars ont parfois une tendance à faire dans la recette, dans la répétition de formules qui marchent, le disque fonctionne parfaitement, grâce à la variété sonore qu’il propose.
 Pour résumer, Bretón, c’est un collectif de jeunes musiciens anglais qui auraient intégré toutes les variétés de la musique britannique, toutes ses familles; qui les auraient digérées, et qui auraient décidé de toutes les mélanger, une sorte de ragoût géant, où les influences du hiphop répondent à la froideur dansante de la New Wave.

Bretón – Other People’s Problems (Fat Cat)

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