The Bewitched Hands à l’Ubu (Rennes). Jeudi 18 octobre 2012

Jeudi Soir. Rennes. Il pleut. Des étudiants à peine sortis de la puberté envahissent les rues avec des bouteilles de Banga dont le contenu semble faire envoler leur surmoi et leur amour propre. Autant dire que mon humeur est absolument semblable à la pluie qui trempe ma coiffure passion cheveux digne de la plus décadente fête de la bière.
Je rejoins les autres à l’Ubu. A leur œil Vif, ils doivent être à leur 5ème 3ème Demi Pinte de Bière. Au programme ce soir pour mes oreilles en manque de concerts rennais, un groupe que l’on a vu beaucoup plus qu’une fois avec un plaisir non dissimulé à chaque fois : the Bewitched Hands.

En première partie, de vrais inconnus pour moi : Plugs.

Après avoir salué les visages familiers que l’on croise incessamment dans tous les trop peu nombreux concert de Rennes cette fameuse capitale de la galette saucisse du rock, je m’avance pour écouter le premier groupe de cette soirée. Plugs donc. Des anglais visiblement. Avec des drôles de bonnets qui cachent pas leur oreilles, un t shirt aux couleurs criardes et motif triangle et énorme col en V à téton presque apparent. Sur le coup, j’ai un peu peur … et même je râle. En fait, je me prends à dodeliner de la tête sur des morceaux où la voix est claire, juste et les synthés analogiques sont geekement rétros. Leur songwriting élaboré me fait oublier en moins de 3 minutes la première impression de jeunes gens gens branchés que les petits gars de Plugs m’avaient fait. Un morceau particulièrement me touche : un long morceau instrumental avec des nappes puissantes. Je retrouve des sonorités à la John Carpenter qui me font presque oublier la bande de joyeux jeunes qui sont en plein questionnement philosophique de type « Mec, il y a pas de meufs ce soir. » « Mais ouais t’as trop raison, elles sont où ? ». Finalement, ce set me sort de ma torpeur et me fait du bien.

The Bewitched Hands. Le groupe pour lequel on est venus donc. Je les aimais bien. Leur coté dodu et boys/girl Next door, je suppose. On les avait vus il y a une bonne année, à l’UBU aussi. On avait chanté. Faux et fort. On avait sauté un peu aussi. Et on avait vaguement tenté de les convertir au Roller Derby avec une collègue prosélyte en arrosant passablement tout le merch du trop plein de bière dans nos verres. Une chouette soirée. Et du coup, je suppose que j’attendais beaucoup de ce concert. Je n’avais pas du tout écouté leur deuxième album. En fait, les 2èmes albums dithyrambiques me font peur … Du coup, je l’ai pas écouté. Et du coup, j’ai été surprise. Les morceaux du 2ème Album sont moins évidents, moins faciles d’accès, moins immédiats, plus sérieux que ceux du premier album. Ça doit être ça de devenir adulte. Malgré une joyeuse énergie et une véritable envie de bien faire, je ne retrouve pas le côté chorale pop que j’aimais tant chez eux. Ils reprennent également pas mal de morceaux du premier album, largement réarrangés. La réaction du public pas si mou que ça pour un soir d’octobre est immédiate. La mienne se fera attendre ce soir. Même si je suis toujours ravie de retrouver ce groupe, mes obsessions de chorales pop, de fun à la Deerhoof, et de nostalgie YoLaTengoIenne auront finalement eu raison de mon enthousiasme. Finalement, la pop, des fois, c’était mieux avant.

Pour les images et pour un avis un peu différent, il faut aller voire chez Alter1fo, collègues de Rennes qui étaient eux aussi au concert.

http://www.flickr.com//photos/alter1fo/sets/72157631810947696/show/

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