Route du Rock 2014. Une Rencontre avec Alban Coutoux et François Floret

 D’abord, les gars en question !

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François Floret, directeur général du festival La Route du Rock
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Alban Coutoux, la tête chercheuse et programmateur adjoint.

 On ressent l’ADN du festival !

Vous pouvez vous présenter et parler de l’esthétique musicale que vous défendez dans le festival ?

F. Je suis François Floret et je suis le directeur général du festival. On défend ce qu’on appelait avant les musiques indé : pop, rock, électronique. C’est compliqué d’être très précis. Et voilà Alban. Il s’occupe de la programmation. Je la valide avec Alban, c’est lui la tête chercheuse du festival.

Les musique indépendantes pour résumer…

F. Oui, voilà, si ça veut encore dire quelque chose aujourd’hui. Alban ?

Alban Coutoux. Moi j’ai été un grand fan du festival avant d’y travailler, j’ai découvert le festival avec la radio (Bernard Lenoir) et la presse (Magic ! Ou les Inrocks) etc… C’est tout ce que j’écoutais à l’époque, surtout de la brit pop à l’époque. Et finalement le festival ne s’est pas du tout limité à ça. En gros on est fans de toute la famille des musiques indépendantes : rock, pop, électro… Il y a des choses difficilement définissables mais on aime les groupes, les artistes qui sont à la frontière de plein de choses, par exemple Liars cette année. Le genre de groupe inclassable qu’on aime bien.

F. Oui, c’est un groupe qui est représentatif de l’évolution du festival.

C’est une évolution qui date du début des années 2000, en gros, non ?

F. En gros cette ouverture date de 1999, oui. Jusque là nous travaillions beaucoup avec la programmatrice des Blacks Sessions de Bernard Lenoir sur France Inter (Hilda). Nous restions décideurs sur la programmation mais elle était mandatée pour aller chercher les groupes, pour le travail de mise en contact. Elle avait une grosse tendance britpop, c’est vrai qu’il y a eu un danger à cause de ça, le risque c’était un peu que le festival devienne britpop pur jus, comme peut être Lenoir en rêvait à cette époque là.

En 1999 on a tout repris de A à Z, et on a donc amorcé un changement (NDRL. Amorcé, ouais on peut dire ça, je frémis encore au souvenir de la prestation de Regular Fries, le pire truc que j’ai jamais vu en en concert je crois bien).

C’est vrai on s’est ouvert vers une plus grande représentation de l’électronique.

A. 2000 a été une année bien électro avec Laurent Garnier, Roni Size et Death In Vegas.

F. On s’est lâchés là, cette année 2000.

Comment ça se passe pour travailler à deux sur une programmation ? Pouvez vous me décrire ?

F. C’est ce que je disais, Alban fait tous le repérage.

 A. Je regarde tout ce qu’il se passe avec toutes les sorties….C’est une veille constante en fait, en termes de médias, d’agences, de journalistes, voir aussi les disponibilités de artistes. Le tout fait un mix, et bien sûr voir aussi si les artistes repérés collent avec l’ambiance du festival et nos propres sensibilités.

F. On ressent l’ADN du festival, on sait ce qui est logique ou pas. D’une manière concrète, Alban fait cette recherche et on en parle tous les deux, et avec l’équipe aussi. Chacun peut amener sa pierre à l’édifice. Je le dis souvent c’est un wiki festival en gros, enfin dans l’idéal, on ne peut pas donner la parole à tout le monde, mais on souhaite rester des catalyseurs de tendances, et rester à l’écoute de tous ceux qui ont des bonnes idées. Aussi bien sur l’artistique que sur autre chose, il n’y a pas de limite.

A. Ensuite il y a le moment des négociations avec les agents pour voir si les choses peuvent se faire ou non, avec les tourneurs, pour voir les disponibilités des groupes, ce n’est pas juste mettre trente noms sur une feuille, sinon le travail prendrait une demi journée !

Le but du festival c’est aussi de surprendre le public.

Il faut combien de temps pour faire une programmation ? Un an ? D’un festival à l’autre ?

F. Oui

A. Oui mais en fait c’est toute la vie. Dès que c’est fini on y retourne quoi.

F. Il n’y a jamais vraiment d’arrêt.

A. On ne peut pas faire ça en une aprem.

F. Combien de fois tu m’as dit après avoir discuté avec un agent dans les loges l’été, « tiens y a bidule qui tourne l’été prochain »

En plus il y a deux collections, hiver et été, et des concerts ponctuels, le booking animé par Pierre. On peut vraiment réfléchir en permanence à de la programmation et discuter avec les agents de projets qu’on peut avoir, sur les festivals et sur le booking.

A. Le but du festival c’est aussi de surprendre le public, on espère presque chaque jour découvrir le groupe qui va marcher. Ou l’association magique de deux artistes.

F. Par exemple Sonic Youth et LCD Soundsystem, magique.

A. On finit généralement la programmation assez tard mais ce qui me frustrerai ça serait d’avoir une proposition d’un truc génial alors que tout est bouclé !!

F. Tu penses à Stromae ou Fauve ? (NDLR: ces deux purges doivent coûter aussi cher qu’un plateau complet d’une édition d’été)

Pour en revenir à l’édition 2014, vous avez déjà des coups de cœur, des attentes particulières ?

F. On va te faire une réponse de normand. On va dire qu’on veut tout voir, on adore tout ce qu’on a mis dans le programme. Après personnellement, heu, Alban, tu parlais des fous furieux là (il parle de Liars NDLR)

A. C’est clair qu’il y a des enchaînements que j’ai hâte de voir, notamment le soir avec Liars.

F. Moi j’ai hâte de voir Hamilton Leithauser dans la salle de la Nouvelle Vague, ce côté crooner. Pour la soirée inaugurale, j’ai assez hâte de voir ça. Ça devrait être un bon moment. Mais c’est vrai que j’ai envie de voir Liars, War On Drugs, ça va être magique. Et des fins de soirées aussi, qui vont être sympa aussi, l’enchaînement ModeratPortishead, j’ai hâte de voir ça.

Des nouveautés sur le festival ?

A. On parlait de la seconde scène, une nouveauté de l’année dernière qui a été un peu victime de son succès. On l’a déplacée pour qu’elle soit moins dans l’axe de la sortie du fort.

F. Elle va être à la place des stands de restauration à la sortie du site. Et elle va être plus grande et plus haute. Et le camping va bouger un peu aussi, il va y avoir des arbres, ça va être super joli.

A. Globalement l’architecture du festival va rester la même, avec la plage en journée et le fort en soirée. Le cœur reste le fort de St Père, avec une soirée d’ouverture à la Nouvelle Vague.

Pour continuer à parler de lieux emblématiques, pensez vous qu’un festival doit avoir une attache locale ? C’est assez typique des festivals en France, vous vous sentez malouins, bretons ? Ou vous tablez plus de l’originalité du lieu ?

F. Oui, oui, enfin personnellement et ça n’engage que moi, je suis Rennais et Breton pur beurre, mais je ne suis pas en train de brandir des drapeaux bretons sans arrêt. St. Malo c’est une belle ville et une belle côte, mais c’est pas forcément mon coin préféré de Bretagne. Après on joue bien sûr avec l’héliotropisme de la côté d’émeraude ; on a un festival de bord de mer, à la mi-août, donc du soleil (je dis bien : normalement du soleil). Mais on n’est pas particulièrement fiers que ça se passe ici.

Le développement local n’a jamais été vraiment une priorité du festival…

F. Oui, je vois ce que tu veux dire, depuis quelques années, tout le monde veut son festival, après avoir vu ce qui se passe aux Charrues . Pour que ça soit une opération de com’ pour faire parler du bled. C’est vrai qu’on aimerait que les malouins d’une manière générale s’en emparent un peu plus.

Des perspectives ?

A. Ah ben déjà on a envie que ça dure. Au moins pour pouvoir fêter les 25 ans du festival.

F. Tous les ans on se dit que c’est beau que ça existe encore, ceux qui connaissent le festival savent qu’on est sans concession. Et à l’heure actuelle c’est pas courant, et on a envie que ça continue. Moi je m’ennuie assez vite, et donc j’aime bien que ça évolue. On a déjà évolué avec la Route du Rock d’Hiver.

Et aussi avec la création du booking ?

F. Alors le booking c’était surtout pour arrêter d’être con, à un moment, on fait de la découverte, les groupes qu’on faisait à la Route du Rock et qu’on payait donc plus cher, les agents français allaient les voir et les récupéraient alors que nous n’avions rien pour faire fructifier notre investissement. Et après ces agents produisent tous les festivals… Et donc on a créé le booking.

Pour faire fructifier toute cette veille.

F. Exactement. C’est ce qui s’est passé, et Pierre a bien développé le booking. On commence à avoir une agence qui à de la gueule.

Sur toutes les histoires de la Route, est ce qu’il y en a une qui vous a marqué particulièrement ?

F. Pfou alors là c’est compliqué ! Par exemple pour parler d’un édition marquante, je dirai 2005, avec Sonic Youth, The Cure, Polyphonic Spree

A. Moi j’ai préféré Sonic Youth en 2007

F. Sinon en mauvais souvenir c’est 2002, avec cet ouragan qui nous est tombé dessus, ça me fait encore frémir quand j’y repense. Je me souviens que je dormais chez l’habitant et je voyais la flotte tomber sur le velux après la première nuit où on avait réussi je ne sais pas trop comment à passer à travers.

A. Moi j’ai du mal à choisir, mais si je dois garder un souvenir ça serait ma première route du rock, celle où j’avais bossé dessus pendant un an, quand ça s’arrête tu as toujours un petit blues.

Ta première ?

A. Alors ma première première c’était en 1996 où j’étais bénévole. Et mon autre première c’était en 1997, quand j’ai travaillé dessus.

F. Moi c’était bien avant ! (rires)

Présentation du festival ICI !

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