Rencontres Transmusicales de Rennes 2013. Vendredi 6 et Samedi 7 Décembre 2013

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Cette année le weekend à Rennes commence doucement, avec un concert dans un bar, et  une fois n’est pas coutume, dans le bar préféré d’Happiness in Uppsala dans le centre de Rennes. On commence donc au Oans pub, avec un concert de Math Rock (un style qu’on ne devrait pas retrouver dans les halls à bestiaux du parc expo).

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Le groupe ce sont les otaries locales de Fago Sepia. Le concert est très plaisant, le groupe joue autour du public, et le gros son fait bien bouger la tête en rythme. A la fin du concert, arrive le moment de partir vers les halls, embarquement dans la navette et à peine arrivés direction le concert des super énergiques Jacuzzi Boys. Et là c’est le vrai début de notre weekend en Trans(e).

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Les Boys étaient sur mes choix d’avant trans. Je dois dire que je n’ai pas été déçu u du tout par leur prestation. Une impression de retour dans les années 90, on est devant un mélange de rock américain et de grunge énergique, le concert parfait pour se mettre dans l’ambiance. Là l’anonymat relatif des halls du Parc Expo ne sont pas un obstacle. Les riffeurs fous des Jacuzzi enchantent l’audience et font bien bouger les têtes et les pieds en rythme.

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Le vendredi se passe tranquillement par ailleurs, entre errance dans les halls maintenant presque déserts, ou bien est ce le fameux confort festivalier tant vanté, ou alors la plupart des gens qui étaient là ce soir (soirée soldout) n’étaient là que pour voir le concert de Stromae. Stromae que finalement seuls 7000 chanceux (?) ont vu dans un Hall 9 rempli jusqu’à la gueule. C’est vrai que les autres groupes de la soirée sont moins exposés médiatiquement, mais il semblerait que le public du chanteur belge ne soit pas vraiment avide de découverte (« si je connais pas, et si je l’entends pas à la radio tous les jours plusieurs fois, j’aime pas »).

Donc le vendredi n’est finalement qu’une promenade dans les halls, le temps quand même de voir les très dispensables Mozes and The First Born, et leur powerpoppsycherock générique. Pas désagréable en soi, mais totalement inintéressant.

Le Samedi

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Le samedi, la journée commence fort avec la rencontre avec la très volubile Helen Feng de Nova Heart pour une interview très intéressante (à voir ici) sur la musique et la Chine. Ensuite après une petite rencontre avec le musicien rennais The Enchanted Wood et un peu de repos, c’est le moment de découvrir Dead sur la scène de l’Étage.

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Et donc après la petite sieste réparatrice on retrouve Dead et leur darkwave puissante (et parfois bruyante). Ici on ne s’embarrasse pas avec les mélodies et on vise l’efficacité maximum au niveau pression sur les tympans de l’audience. La maîtrise du live est assez impressionnante, mais le manque de variété dans les constructions des morceaux et le petit vide mélodique n’aide pas à se concentrer facilement.

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Donc on reste un peu pour admirer et on se dépêche de partir pour ne pas rater Daughn Gibson, l’ours de la musique pop rudimentaire. Rudimentaire parce que le premier album du monsieur était un mélange astucieux entre samples tout simples, grosse voix et instrumentations discrètes.

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A l’époque j’avais pensé aux débuts hésitants et délicieusement maladroits de Jay Jay Johansson. Sur scène c’est un peu différent, s’il a bien quelques machines avec lui ; il s’est surtout adjoint les services de requins de studios pour donner un peu plus de corps à ses compositions.

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Et du coup, en vrai ça fonctionne un peu moins bien, on retrouve bien son talent mélodique, sa voix qui porte sans effort ses chansons d’amours tout cassés, ses histoires de lassitude. Mais là c’est un peu plus plat, et surtout il a une tendance à en faire trop, et il n’est pas aidé par son physique de chanteur de charme sous stéroïdes, oui, le débardeur informe c’est non. Du coup on a l’impression d’assister à un prestation interminable d’un cover band de Springsteen. Pas désagréable, mais juste un peu longuet. On court jusqu’au Hall suivant, non sans croiser quelques créatures incroyables.

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Et on arrive au début du concert de Dakhabrakha. C’est un groupe de musique traditionnelle ukrainienne à un festival de musique actuelle ? Oui c’est totalement possible. On les a vus samedi soir. Le groupe était bien en tenue traditionnelle, avec des hauts de forme en fourrure, et des instruments qui sont un peu éloignés des ustensiles classiques des groupes de rock.

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Le mélange est très efficace, il y a des moments d’émotion et une transe collective qui s’installe peu à peu tout au long du concert. Et qui apparemment s’est terminé en apothéose et en communion collective, mais la règle des Trans est de rater des moments de concerts pour en gagner d’autres et pour pouvoir croiser des gens.

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On a aussi vu Ibibio Sound Machine, qui a été sans conteste la bonne surprise du samedi soir, le big band de requins analogique et digital de la chanteuse anglaise a enflammé le hall.

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Entre afro jazz, funk flamboyant et racines post punk, la musique métissée a fait danser le public à l’unisson. On peut penser très fort aux débuts tonitruants de Femi Kuti, avec une intégration réussie de petites touches d’électronique à de l’afrobeat plus classique.

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Et on ne peut pas arrêter là l’évocation de la soirée sans mentionner The Midnight Beast. Groupe qui est un mélange très étrange et audacieux (ou pas) entre One Direction, Weezer et les Beastie Boys ; en moins bien.

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La prestation est énergique et ça bouge pas mal, et ça semble remplir d’aise une poignée d’enragés, par contre au fond du hall 9, vers les gradins, le public est un peu plus dubitatif, et ce n’est (hélas pour le groupe) pas une question d’âge ou de taux d’alcoolémie.

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Moi ça m’a fait beaucoup penser à The Lonely Island mais en moins drôle et en beaucoup plus besogneux, et moins les featurings prestigieux (accessoirement). Bref, on les a vus, et on devrait les revoir dans le créneau LMFAO dans les festivals à programmation un peu paresseuse. (Vous trouverez facilement de qui on parle).

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Le reste de la soirée (déjà bien avancée se perd dans les halls et devant des concerts de moindre intérêt. Et le retour en navette cette année, se transforme en mini sieste contre la vitre, sans même une anecdote horrifique pour ajouter à la légende des Transmusicales (ou des navettes du festival).

Et s’il fallait faire un bilan, c’est qu’une fois de plus on a vu beaucoup de choses différentes et il faudra bien plusieurs mois pour faire le tri, et se rendre compte des perles entraperçues, pour démêler le bon grain de l’ivraie.

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Les festivals défricheurs importants offrent une telle masse de nouveauté et de découvertes potentielles qu’ils entraînent forcément un temps de digestion.

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Joie en Trans – allégorie

Toutes les photos sauf si c’est pas mentionné sont de mon camarade préféré de Fosse Photo, Alan Kerloc’h pour Sound of Violence ! (un grand merci !) 

https://www.facebook.com/alan.kerloch.photo (pour voir ses photos pour les différents webzines pour lesquels il travaille.)

 

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