Pain-Noir – St. (2015, Tom Boy Lab / Sony Music)

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Dans mes artistes préférés, il y a toujours une catégorie que je chéris particulièrement, les artistes bucoliques. Dans leurs chansons, il est question de paysages à couper le souffle, de petits cailloux roulants dans les cours d’eau, de créatures fantastiques vivant à flanc de montagne, mais aussi la douce mélancolie de l’enfance. Parmi ces artistes, il y a la Björk des débuts, période Post / Homogenic ; il y aussi l’ermite Jason Lyttle (Grandaddy),  et côté français le toujours vert Jean-Louis Murat.

Il y a un nouveau venu dans cette scène, il s’appelle Pain-Noir, bon en fait il n’est pas vraiment un nouveau venu, mais plutôt une émanation d’un projet aujourd’hui dispau. Jugez vous-même : qui es tu pour ainsi te cacher dans les plaines ? A suivre des Phalènes à l’ombre des sureaux, à creuser un terrier à la moindre des gênes, dans Passer les chaines, un des bon moments de l’album. Pas de doute, c’est probablement encore un hippie ou un instituteur, avec du vocabulaire et une langue soignée, tu entends souvent parler de phalènes et de pangée toi ? (même Robi, la nouvelle muse de la chanson ne peux pas test)

Dès l’ouverture, Pain-Noir (à l’aube), des chants d’oiseaux, la pluie, et de petits arpèges discrets posent l’ambiance ; vous avez dit Grandaddy ? Oui, moi aussi, au début je me suis demandé si ce n’était pas un album de reprise des américains. Le disque est bien plus qu’un hommage. On y trouve beaucoup d’autres perles, chansons doucement nostalgiques, dépouillées, sans les oripeaux de la SURproduction. Comme De l’île et sa guitare, et son fond discret de nappes de cordes, et aussi comme Le jour point, ode à la nuit et à la nature. Il y a aussi de très grands moments; Pareidolia (continent nouveau) et sa richesse sonore inouïe d’inventivité (avec un hommage aux barbus américains ; une suite de notes de synthé bien familières Jed’s Other Poem (Beautiful Ground) tsé). Ou Passer les Chaînes et sa mélodie bien accrocheuse, qu’on se surprendra à fredonner bien après l’écoute.

Et si tu veux, toi aussi, enfin passer les chaines, les monts qui nous retiennent, et le passé de trop qui te laisse apeuré, quand vient frapper le fer…

Un disque de la fin l’année 2014, réapparu sous de nouveaux cieux, qui fera un compagnon idéal pour les moments d’hiver à subir. Un disque pour rêver à un ailleurs vivifiant et à des amours solides comme des chênes.

Pain-Noir – St (2015, Tom Boy Lab / Sony Music)

La nouvelle mouture du disque a quelques morceaux en bonus, pour prolonger le plaisir.

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