On était au MIDI 2015 ! Vendredi 24 juillet et Samedi 25 juillet 2015

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Ça a commencé doucement, avec le hall 3 de la gare de Lyon, dans le chaos organisé des départs en vacances, familles au grand complet stressés par leur grand voyage en train annuel, colonies de vacances en rang d’oignon, et touristes tentant bien que mal de se composer un attitude digne de voyageur blasé. La petite équipe qui se dirige vers le rendez-vous annuel dans le Var est un mélange de toutes ces catégories, stressée par l’heure du train, faisant la queue sagement lors de la montée, et essayant tout de même d’avoir l’air d’un habitué des lieux, d’un MIDI festivalier rompu aux marathons dans les ruelles d’Hyères et curieux de découvrir les dernières nouveautés à l’heure anglaise.

 Hyères, la gare bondée, et la longue marche vers Le Jardin, bel endroit hyérois pour s’alimenter à l’ombre, et dans un cadre presque champêtre, il y a même un chat figurant, c’est dire.

Le temps de se préparer, et c’est déjà le moment de boire le traditionnel pastis avant la montée vertigineuse vers la villa Noailles. La montée avec ses lacets étroits, le passage par la mythique porte des étoiles (oui)  et l’ultime raidillon écrasé par le soleil avant la récompense de la fraîcheur du petit jardin tout en haut.

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On finit par entrer dans la pinède, pour voir le premier dj set, puis le premier groupe. Un groupe à l’air vaguement familier, ce sont les anglais des Dream Lovers, qui comptent dans leurs rangs des anciens de Wu Lyf et des Los Porcos (qui semblent être les invités permanents du festival, au travers d’une multitude de projets). Leur musique est idéale pour commencer en douceur la soirée, inoffensive, et elle ne risque pas vraiment de provoquer une surcharge cognitive.

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Mais le festival 2015 est lancé ! Ensuite ce sont les américains de Touch qui enchaînent avec leurs mélodies douces pour accompagner notre entrée dans le crépuscule.

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Juste après c’est le moment d’une des chouettes découvertes de ce festival (ce qu’on attend quand on va au MIDI) les Groves et leur pop minimaliste et créative (des ALT-J 2.1).

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Assurément un des très bons moments de cette édition, comme on le verra dans les entretiens avec les festivaliers, le quintet de Londres nous a enchanté pendant son set (un peu court, mais on ne s’est pas ennuyé une minute).

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Tête d’affiche du festival, Christopher Owens est le suivant sur la scène. Il joue assez longtemps, le temps de présenter en partie son album sorti très récemment.

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Cette fois il n’est pas tout seul, sur scène, et heureusement, sa dernière prestation sur cette même scène il y a deux ans avait été un peu longuette sur la fin (en restant poli).  Du coup ce soir si on y retrouve les bons moments du disque, il y a aussi des moments un peu plus faibles.

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Mais pour clôturer une soirée d’ouverture sous les pins, il y a bien pire, donc la descente vers la ville basse et l’hypothétique after show est plutôt joyeuse (et TRES rapide, record battu). Le reste est un peu flou, mais c’est un effet de la chaleur, normal.

Le MIDI, allégorie
Le MIDI, allégorie

Deuxième jour, c’est d’abord un voyage obligatoire à Porquerolles, ses plages, son eau turquoise et ses vedettes comme des rollercoasters. On arrive un peu en retard, sans avoir vu le gars de l’Essex (ouais comme Depeche Mode tsé) Rat Boy et sa musique de bricolo, entre hiphop indépendant et culture indie classique.  A l’écoute de sa mixtape, on peut penser à un Shaun Ryder du Sud, posant les soucis et les mots de la jeunesse en galère de l’Angleterre de 2015. Un malheur n’arrivant jamais seul, on rate aussi le DJ set annuel de Field Mates Records, une occasion de moins d’entendre Sufjan Stevens et Wu Lyf…

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Du coup l’arrivée se fait sous les guitares incisives de Spring King, la petite bande de Manchester illumine le début de soirée en enchainant les chansons nerveuses et efficaces.  Du punk mélangé avec de la pop un peu lofi, ça accroche l’oreille c’est un peu abrasif et ça change un peu des mélodies synthétiques. Ça permet de se remettre de la journée les pieds dans l’eau et la tête au soleil, et également du retour un peu cahoteux en bateau.

Vin Kane
Vin Kane

La soirée anglaise se poursuit avec les vétérans de A.R.Kane#, qui s’installent sur scène, là une première surprise, ils sont très nombreux, le membre du groupe original (sosie de Vin Diesel, des fâcheux ont parlé de Francky Vincent, mais ça c’était un peu après le concert) est venu très accompagné, avec pas moins de six musiciens.

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La présence d’une équipe de handball sur scène a de quoi inquiéter, particulièrement chez les groupes sur le retour ; on peut craindre soit le bœuf bordélique et boursouflé, soit la démonstration technique. Ce soir pas de surprise, on a le droit à la première proposition tout le début du concert, les morceaux semblent prendre des heures à se mettre en place, et l’ensemble est très poussif.

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C’est un peu comme une répétition interminable du groupe de postdrone de ton petit cousin. Heureusement la fin de concert est illuminée par le tube super efficace, qui fait gentiment onduler les festivaliers.

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Après la pause, c’est Londres qui est à l’honneur avec le jeune rappeur Loyle-Carner.  Le setup est minimal, un gars en fond de scène avec son ordi et des machines et le jeune (20 ans) chanteur devant avec son doudou (un drapeau ou un ticheurte de Manchester United circa 1996 avec Eric Cantona, Roy Keane et David Beckham) et son micro.

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On n’est pas du tout déçu par la prestation du gars. Il est volubile et virtuose des mots, le tout avec un accent anglais qui fait sans conteste 80% du boulot. Même si les instrumentaux ont parfois un peu légers, mais l’ensemble donne un hiphop soyeux, porté par des samples aux racines soul et jazzy.

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Tout à l’air de se faire naturellement et sans aucun effort, c’est fluide et le public est totalement réceptif aux vocalises de Loyle. Le concert se termine par une danse joyeuse avec ses comparses qui le rejoignent sur le devant de la scène. Assurément un des très bons moments de cette édition 2015.

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Pour finir c’est Ben Khan, et son rnb qui buzze qui s’avancent sur la scène, là encore il est accompagné d’un groupe de mimes figurants. On retrouve bien sûr des morceaux entendus au hasard des pérégrinations sur la toile.

Le passage au live de ses hymnes bouillants et bégayants (#2014 // #JaimeBurialMaisJeSuisPasSubtilDuTout ) est un peu poussif, comme le projet est encore jeune on peut penser espérer que la vague de buzz (tout le monde dit que c’est cool tsé), lui fera repenser son setup ou ses choix en live.

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Le concert n’était pas désagréable mais juste pas très équilibré et ça manquait de dynamique, les poses pour faire musicien ne créant pas une atmosphère et un univers de manière spontanée.

La soirée comme  sur tous les festivals avec une programmation aussi riche n’a pas déchainé une joie sans limite, mais une fois de plus le MIDI a su creuser ce qu’il sait le mieux faire, chercher les petites perles outre manche, en dehors des sentiers balisés des grosses machines, de la dictature de la tête d’affiche et des styles obligatoires. La petite voix du MIDI s’est à nouveau faite entendre au cœur de l’été dans cette ambiance rare qu’on a du plaisir à retrouver depuis ce mois de juillet béni 2010 où on s’était pris claque sur claque musicale pendant un weekend dans le Var.

OH ET BIEN SUR IL Y A DES PORTRAITS DE FESTIVALIERS ICI !

La Galerie en vrac !

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