On était à Marsatac. Samedi 29 septembre 2012

La faute aux trains qui partent à l’heure et des tarifs exorbitants de la SNCF, Marsatac a failli être cette année un rendez vous loupé.Nous avons fini par arriver au Dock des Suds samedi à 22h au lieu de vendredi 20h – toutes nos excuses au service de presse qui assure un super suivi et délivre un accueil plus … qu’accueillant !

Le temps de tâter un peu l’ambiance chaleureuse et de mesurer le succès de cette  14ème édition et direction la Grande Scène pour l’électro punk explosive de Kap Bambino.

Un de ces groupes que je mixe sans les avoir jamais vus live. Et d’emblée, c’est juste énorme, façon grosse bombe qui vous explose aux oreilles. Les basses prennent au corps immédiatement et on est pris d’une transe épileptique qui porte le corps dans une danse implacable et irrésistible.

Les morceaux brefs, fulgurants, impitoyables et jubilatoires vous prennent littéralement aux tripes. Les gens qui viennent des autres scènes et des buvettes rejoignent la foule en se projetant en mode pogo, attirés comme des aimants dansants.

On se rend assez vite compte que le pouvoir d’attraction de Kap Bambino tient à des constructions urgentes et pourtant hypertravaillées, bien plus complexes qu’il n’y paraît. Elles constituent un contre-point essentiel au chant décapant de Khima France, alias Caroline Martial, géniale prêtresse d’un culte punk. Dans les plus rares passages “calmes, se dessine une poésie noire convulsive qui finit par imprégner tout le set.

C’est bien cette violence hypnotique et vénéneuse qui fait toute la force du duo punk – voix/machine et son pouvoir de séduction massive.

Le set passe à une vitesse incroyable, d’autant qu’il est l’heure de retrouver (aléa de la programmation qui crée d’étranges transitions), Baxter Dury sur une autre scène.

A peine a-t-on repris notre souffle que le dandy british commence son concert. Il apparaît tel que je me l’étais imaginé sur scène. Un droopy un rien dégingandé qui semble tout droit sorti du maelström britpop des 90’s. Parce que musicalement je viens de ça, je ne peux pas m’empêcher de kiffer cette attitude à la fois classieuse et pleine d’autodérision.

Côté son, c’est plus compliqué, mais je pense que c’est davantage dû au passage sans pause du punk à la pop. Quand on connait le troisième album de Dury, son set d’abord semble bon, mais un peu faible, avec l’impression que l’excellent « Happy Soup » doit une part non proportionnelle de sa réussite à son mixage. Ensuite, on se laisse prendre par ces chansons pop dont la construction mélodique frôle la perfection, mêlant références et créations matures où Dury montre qu’il est bien plus qu’un fils à papa. Il confronte un certain minimalisme avec quelque chose de psychédélique avec adresse.

Il y a un moment où il faut juste arrêter de jouer les peines à jouir/critiques musicaux pour accepter que quelque chose de simple peut être non seulement réussit mais aussi bien passionnant. Ceci fait, les apriori sautent et l’on se laisse envoûter par ce crooner des années 2010 et ses morceaux aigres-doux, leur étrange mélancolie. Et le mec est attachant ET drôle voire peut-être même un peu sexy, en tout cas élégant, malgré la teneur parfois salace de ses lyrics. On prend!

Toujours sans transition, un nouveau changement de registre avec le set de Don Rimini.

La scène 3 s’est transformée en dance-floor enfumé d’effluves diverses. Le DJ français qui a fait le tour du monde a vu les choses en grand (en mégalo?) et s’installe sur un gigantesque promontoire sur lequel des effets lumineux (des diodes) s’animeront… L’effet est un peu cheap malgré le prix que ce machin doit coûter. On se laisse d’abord entraîner par la foule enflammée par une furieuse envie de danser.

Alors, sans trop écouter, on se laisse porter par les basses. Et puis, en écoutant mieux, on prend un peu de recul. Oui, ce set est éminemment partyesque et fonctionne à merveille pour peu qu’on ne se laisse pas impressionner (ou dégoûter?) par le dispositif. Oui, Xavier Gassemann sait prendre son public là où il sait qu’il va faire mouche. Mais, à force de brasser et de rebrasser, de faire gigoter toutes les discothèques de la planète, on a l’impression qu’il a fait le tour de ses playlists et s’engage dans une grande opération de recyclage avant de passer à autre chose. Alors, bien sûr, on est loin de Guetta, peut-être que je n’avais ni assez bu, ni assez fumé, mais au bout d’une mini demie-heure, je me suis lassée. (je vous mentirais néanmoins si je vous disais que je n’avais pas ni dansé, ni apprécié).

La faute à nos aléas ferroviaires et à la fatigue qui se fait de plus en plus sentir, nous décidons que Breakbot sera notre dernier concert pour ce soir. Et nous finissons en beauté avec un set jouissif.

Les « cocktails disco-funk-electro-power pop » de Thibaut Berland font largement leur effet. Au lendemain de la sortie de By Your Side , le poulain de l’écurie Ed Banger  s’est crée un petit monde musical kitsch, surprenant et détonnant.

C’est funky, un rien rétro, créatif, drôle. Breakbot se marre à rebondir sur l’image de lover de l’électro qui lui colle à la peau. Il est vrai que son son a quelque chose de sucré ou en tout cas coloré par rapport à l’électro hypersaturée de ses congénères. On le sent très influencé par la première vague de la French Touch mais en même temps poussé par un désir de faire du neuf. Il y parvient sans difficulté, imposant sa propre touch.

Fourbus, et quoique la suite de la soirée s’annonce pleine de bonnes surprises, nous sautons dans un tram – que la RTM a eu la sagesse de faire circuler toute la nuit, et rentrons avant d’être trop K.O pour ne plus apprécier la musique. Le trajet se fait avec plein de belles images dans la tête, en particulier celle d’un public massif et heureux, et l’envie de se remettre à fréquenter de manière plus intensive les concerts de punk et d’électro. Merci Marsatac et on espère à l’année prochaine… pour 3 jours…

Merci à Ju pour les photos – et plein d’autres choses, à Fred, Cécile, Siméo et Claude, parce que.

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