Lone – Levitate (R&S – 2016)

Nous, passionnés de musique, passons notre temps à voyager entre le présent et le passé. Au fil des disques, des chroniques, des interviews et des liens hyperlinks nous naviguons entre artistes, années et mouvements musicaux. Nous nous construisons peu à peu une carte personnelle qui va nous servir à continuer nos explorations et nous aider à comprendre et digérer les nouvelles musiques arrivant chaque jour à nos oreilles. Non seulement, on y cartographie des nouveaux territoires mais on revient aussi régulièrement sur des sections que l’on pensait bien dessinées pour y ajouter des nouvelles routes ou en redéfinir les contours.

Il y a des périodes qui semblent avoir été visitées très souvent lors de ces voyages et qui sont donc bien documentées comme par exemple les années post punk ou 1995, année où l’électronica, le hip hop abstrait et la drum and bass explosaient (explosion qui nous éloigna à jamais de la pop indée). A l’opposé même après des décennies d’exploration, il reste encore des zones vierges et pratiquement inconnues comme par exemple les années 91/92/93, moment où dans la musique de danse électronique, les rythmes binaires de la techno et de la house se transformaient peu à peu pour créer la jungle puis la drum and bass.

On parle de « hardcore » pour définir cette musique de transition où les rythmes binaires et breakbeat se mélangent, ou des samples vocaux accélérés sont portés par des claviers jouant des motifs mélodiques simplistes et endiablés. Longtemps disparu, le hardcore est réapparu ces dernier temps notamment grâce à des artistes comme Zomby ou Lone.

Lone c’est Matt Cutler, un natif de Nottingham. Si on en juge a l’écoute de « Levitate », son septième album, ces dernières vingt années n’ont pas existé pour l’artiste tant elles ne semblent n’avoir laissé aucune empreinte sur sa musique. « Levitate » est un concentré de hardcore, de jungle et de techno soul.

Ca commence par «Alpha Wheel » qui est un morceau du pur breakbeat hardcore avec ses claviers joyeux, sa rythmique jungle furieuse, ses nappes techno et un break au milieu qui est présent sur presque chaque morceau jungle. Sur « Backtail Was Heavy », même format :  breakbeat jungle, break au milieu suivi par des synthés et des samples hyper accélérés que Prodigy aurait pu utiliser au début de sa carrière, le tout porté par une mélodie zombyesque. Quelques morceaux atmosphériques aux titres clichés (Morning Birds » et « Breeze Out »), de la jungle atmosphérique sur « Sea of Tranquility ».  Sur « Vapour Trail » on entend les nappes du Pacific de 808 State et la techno soul belle et naïve de Derrick May et de Carl Craig.

Un bon album de musique électronique au gout rétro, accessible et (ce qui rare) joyeux.

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