L’agenda pop culture cool de la semaine du 4 février au 10 février 2013

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Blade Runner – Ridley Scott (1982)

Lundi 4 février

Les Yeux Fermés #1 à la Flèche d’Or

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Xiu Xiu & Eugene Robinson 
Deux des figures les plus emblématiques et sans concessions de la scène indépendante US s’allient pour un projet évènement. Eugene Robinson échappé d’Oxbow rencontre Jamie Stewart aka Xiu Xiu pour un projet tête chercheuse et prenant, comme si un Henry Rollins blues rencontrait Pan Sonic.
Xiu Xiu / Eugene Robinson

Sommet
Sommet, duo parisien rétro-futuriste marche sur les traces de Arnaud Rebotini, Goblin, Vangelis ou Oneohtrix Point Never. Un purisme analogique habité et hanté qui évoque la recherche des grands espaces sonores. Avec un premier album paru chez desire et des débuts sur scène aux côtés de Zombie Zombie et Kill For Total Peace, les deux parisiens se lancent à l’ascension des hauteurs trippées du néo-psychédélisme à la française.

Blackmail
Monté par deux ex-Bosco et un ex-This Is Pop, Blackmail a finalisé son album dans une chambre de Palace avec vue sur l’Opéra. Le résultat évoque un blues électronique, kraut et défoncé. Un univers déglingué et intemporel qui réunit Paris, Detroit et Berlin en une poignée de morceaux (déjà remixés par Aladdin, Diplomatic Shit ou Gilb’R)

20h // 10-12€

La Flèche d’Or
102 bis rue de Bagnolet
75020 Paris
http://www.flechedor.fr

Les concerts BS : FI/SHE/S et Chinese Army à l’International

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Balades Sonores et L’International présentent : FI/SHE/S et Chinese Army en concert à L’International ! Avec en plus toute la BS TEAM aux platines.

FI/SHE/S
Les FI/SHE/S sont le fruits d’amours sans frontières (France, Cameroun, Chine, Belgique) échoués par un heureux hasard dans la même grande banlieue est parisienne. La vingtaine à peine entamée, sans le sou, ils ont voyagé par procuration à la recherche de sons raffinés, les yeux rivés sur les blogs pointus découvrant ainsi les scènes étrangères : N.Y.C, L.A, Portland, Berlin, London, Barcelone… Ils ont pêché les chœurs de Grizzly Bear, les nappes électro d’Apparat, l’exotisme d’El Guincho, le kick sexy des Hot Chip, le psychédélisme d’Animal Collective, les complexes châteaux d’arrangements de Sufjan Stevens…. Avec leurs harmonies vocales quasi Phil Spectoriennes, sur une platine ou en live, on perd le nord et on plonge dans leurs mélodies hypnotisantes. (et si vous aimez les accents français vous allez être servis NDLR)

Chinese Army
Chinese Army est né en octobre 2010 Downtown Los Angeles. Deux membres du groupe Film Noir, Oan Kim et Benoit Perraudeau travaillent alors sur la bande son de l’installation « Life on Loop » à la Pyo Gallery en compagnie de l’artiste américain Jungwan Bae et de la VJ coréenne Ari Kim. Autant influencés par les chansons de Johnny Cash que par l’univers vénéneux de Suicide, ils décident de continuer l’aventure musicale.

20h // Entrée Libre

L’international
5/7 Rue Moret
75011 Paris
http://www.linternational.fr

Mardi 5 février

Unhappybirthday à l’Espace B

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Alors qu’ils s’ennuient ferme dans leur petite localité de Wismar, Daniel Ja, Tommy Schreck et André Buh mettent en branle Unhappybirthday en référence à une chanson de The Smiths. Un magnéto à bandes et une pièce vide suffisent aux trois Allemands pour composer, et des références communes glanées au gré de la morosité quotidienne ambiante vont faire le reste : “Par chance, il y avait un sacré disquaire à Wismar où on était toujours fourrés. C’est là qu’on a découvert The Smiths, The Jesus And Mary Chain ou encore The Cure, et qu’on a apprécié bien plus tard des choses comme Young Marble Giants, Throbbing Gristle ou d’autres réjouissances new-wave plus obscures”. On peut également souligner le non-conformisme de Daniel Ja, dont la particularité est de chanter dans sa langue maternelle à l’instar des hérauts teutons D.A.F. Fan absolu de Shawn Foree et de son vaisseau lo-fi Digital Leather, le trio a pris contact, en vue de publier son album inaugural, avec l’un des labels qui avait accueilli les méfaits discographiques de ce dernier. Le refourgueur de bandes magnétiques Crash Symbols a naturellement répondu présent et fait paraître le recueil de huit titres Syrup en septembre dernier.

20h30 // 6€

Espace B
16, rue Barbanègre
75019 Paris
http://www.espaceb.net

Mercredi 6 février

Dinosaur Jr. au Trabendo

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« Brantley Gutierrez Press Photos » 2012 •

Rien ne vaut un album de Dinosaur Jr. Les meilleurs albums sont toujours reconnaissables dès les premières notes. Et même si J essaie de nous faire un croche-pied en barbouillant « Dont Pretend You Didn’t Know » de synthétiseurs, dès qu’il commence à chanter, aucun doute s’agit des seuls et uniques Dinosaur Jr, les rois venus d’Amherst (Massachusetts) (et de n’importe quel autre endroit où ils décident de porter leur toque).

I Bet on Sky est le troisième album de Dinosaur Jr. depuis le retour de la formation originale en 2005 -J Mascis, Lou Barlow et Murph. Et -dingue- il marque le 20ème album studio du groupe depuis ses débuts chez Homestead Records en 1985. A l’époque dans les années 80, si quelqu’un avait parié que ces types-là continueraient de jouer et d’enregistrer à un tel niveau 27 ans plus tard, on lui aurait ri au nez. Leurs concerts des débuts étaient si débordants de chaos acoustique, un tel mélange d’agression et de catatonie que tout le monde leur diagnostiquait une carrière éphémère. On ne savait pas à quoi s’attendre/quel tour ils allaient nous jouer.

Dinosaur Jr ont pris tout ce qu’ils ont appris des divers projets qu’ils ont abordés au fil des années, et l’ont déversé le tout dans leur musique actuelle. Le jeu de guitare de J n’a jamais été aussi désarticulé, mais il reste toutefois un sens de la maîtrise qui s’associe parfaitement avec la délicieuse noirceur de son chant (non pas qu’il se souvienne toujours d’exercer une forme de contrôle sur scène, mais c’est un autre débat). C’est l’amour du riff à se secouer la tête à son point culminant. Le travail de Lou avec sa basse démontre un sens de la mélodie beaucoup plus grand également, bien que ses deux chansons sur I Bet on Sky conservent le tranchant rythmique qui a souvent caractérisé son style. Et Murph… hé bien, il continue de frapper sa batterie aussi fort qu’un catcheur professionnel, avec des structures faussement simples qui parviennent à s’entremêler parfaitement avec les explosions mélodiques de ses comparses.

Après m’être immergé dans I Bet on Sky, il est clair que l’album a une valeur ajoutée véritable et précieuse à la discographie de Dinosaur Jr. Il reste assez proche du formalisme rock pour plaire aux ringards. Et pourtant il est brillamment empreint de l’équation magique du trio, ce qui représente une véritable aubaine pour nous les fans. Pour un combo qui a commencé comme une fusion difforme entre hardcore punk et influences pop, Dinosaur Jr se sont révélés être des maîtres improbables de la longévité. Leur nouvel album est un triomphe, tant dans la forme que dans le fond. Et tout ceci est de bon augure pour leurs projets futurs. Si j’avais un penchant pour les paris, je dirais que les meilleurs jours sont encore devant eux. Je parierais le ciel là-dessus.

–Byron Coley

Première Partie: Mars Red Sky

Dignes représentants d’un Stoner Bordelais plutôt rare, les Mars Red Sky attisent le feu d’une messe Vaudou avec leurs riffs old school 70’s et leur groove psychédélique.

Julien Pras qu’on connaissait pour la magnificence pop de ses enregistrements au sein de Calc, rêvait secrètement de Black Sabbath et de Led Zeppelin. Des fantasmes musicaux qu’il partageait avec le batteur Benoît Busser et le bassiste noisy Jimmy Kinast. À trois, ils créent un stoner mélodique qui fleure bon le groove psychédélique 70’s, dans sa version lourde et fortement réverbérée

19h30 // 35€

Le Trabendo
211 avenue Jean Jaurès
75019 Paris
http://www.letrabendo.net

Jeudi 7 février

Mind Your Head : Metz, Moller Plesset et Plaisir au Point Éphémère

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Après un semestre de pause, Mowno remet en branle ses soirées Mind Your Head. En grandes pompes puisque c’est sous les coups de boutoir de Metz, véritable phénomène rock du moment, des vétérans de Moller Plesset et des trop méconnus Plaisir que Point Éphémère va de nouveau vibrer en cette neuvième édition.

Sauvage, primaire et venimeux, Metz (CN) fonce à toute allure, exécute sa partition le couteau bien serré entre les deux, attendant seulement que quelqu’un vienne lui ôter violemment de la bouche, que l’émail couine au passage du métal, et que le sang fuse des coins tranchés. Balancé dans une urgence poussée à l’extrême, tendu tel un joggeur sur un champ de mines, aussi linéaire qu’une lame de guillotine, le rock bruitiste et dissonant de Metz se contrefout des mélodies, se laisse tout juste aller à quelques riffs qui, plutôt que de le dévier de son chemin, ne font qu’envenimer sa frénésie.
Pour les fans de Mudhoney, Nirvana, Jesus Lizard, Guzzard
http://www.myspace.com/metztheband

Des groupes décalés et noise comme peut l’être Moller Plesset (FR / Perte et Fracas – Overcome), la France n’en compte pas beaucoup. Pour se familiariser avec cette approche du rock n’roll, il faut malheureusement trop souvent traverser l’Atlantique, et rejoindre l’héritage laissé par Chicago. Chez nous, au siècle dernier, les plus énervés de Condense avaient ouvert une brèche dans laquelle les rennais se sont engouffrés dès 2002 pour mieux prendre la relève. Certes, l’influence peut ne pas surprendre, mais quand beaucoup d’héritiers plient sous le feu de l’énergie et la complexité volontaire de leurs compositions, Moller Plesset se démarque par une souplesse, une finesse, une richesse et, par dessus tout, une émotion qui finit de le rendre magnifiquement humble.
Pour les fans de Jesus Lizard, Don Caballero, US Maple, Condense
http://mollerplesset.bandcamp.com/

En optant pour un tel nom, Plaisir (FR) ne pouvait pas cacher plus longtemps la seule chose qui l’anime quand il est question de prendre les instruments. Les armes pourrait-on même dire, tant le trio se jette sans compter, avec le mors aux dents, pour faire remonter à la surface l’indie rock sans concession des années 90. Biberonné aux Condense et Portobello Bones, le cul entre deux chaises, celles du punk et de la noise, le groupe s’appuie sur une section rythmique en béton et un guitariste-chanteur jonglant le plus souvent entre urgence et dissonances.
Pour les fans de Condense, Portobello Bones, Helmet.
http://plaisir.bandcamp.com

20h // 14-16€

Le Point Éphémère.
200 quai de Valmy
75010 Paris
http://www.pointephemere.org

Vendredi 8 février

At work #1 : Zoor (1/3), Sébastien Beliah, Pierre-Antoine Badaroux aux Instants Chavirés

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Entre février et juin 2013, Zoor se produira trois fois aux Instants Chavirés, ce qui va permettre au trio de poursuivre son work in progress : chaque concert de Zoor est une cristallisation parmi d’autres d’un espace continu, sans début ni fin, qui se transforme sans changer au fil du temps – une zone sonore imaginaire, peuplée de sons sans âge, de fragments non identifiés et de structures inutiles. A chaque fois, Zoor invitera en première partie des musiciens avec lesquels le trio entretient des relations – manifestes ou souterraines.

Solo Sébastien Beliah contrebasse + Solo Pierre-Antoine Badaroux saxophone alto

Zoor : Bertrand Denzler saxophone ténor / Jean-Sébastien Mariage guitare électrique / Anatonin Gerbal batterie

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Zoor réunit depuis 2011 deux membres de Hubbub et le batteur de Peeping Tom. Le premier concert de ZOOR a eu lieu dans le cadre du Festival Umlaut (Paris) en novembre 2011. Depuis, le groupe s’est notamment produit au festival Météo (Mulhouse) en août 2012. Insaisissable et protéiforme, le trio tâtonne, scrute, fouille pour mieux déstabiliser nos habitudes d’écoute. Forcément intriguant, férocement indispensable. – Festival Météo

Sébastien Beliah et Pierre-Antoine Badaroux sont tous deux membres du collectif Umlaut et du groupe r.mutt. Improvisateurs et compositeurs, ils ont créé en 2008 l’ensemble Hodos, qui se consacre à la musique de Philip Corner, Christian Wolff, Roman Haubenstock-Ramati ou John Cage. Sébastien Beliah est par ailleurs membre de l’ONCEIM, dirigé par Frédéric Blondy, et Pierre-Antoine Badaroux du groupe Peeping Tom aux côtés de Joel Grip, Antonin Gerbal et Axel Dörner.

Sébastien joue :

James Tenney – Beast (1971) Beast fait partie d’une série de pièces de James Tenney intitulée « Postal pieces ». Leurs instructions ont la particularité de tenir chacune sur l’espace d’une carte postale.

Kenneth Gaburo – INSIDE : [quartet for one double-bass player] (1969) Inside possède deux « voix »… une intérieure et une extérieure. Celle de l’intérieur ne s’arrête jamais. Pas plus que l’autre… Elles se suivent toujours l’une et l’autre et occasionnellement s’aident à devenir… plus ou moins audibles.

Philip Corner – Gamelan Dua-Uni (2=1) (2012) « Cette pièce est ma dernière. Ou plutôt ma plus récente (de toute façon je ne saurais pas ou aller à partir d’ici). Elle peut être jouée par un gamelan. Ou par un orchestre symphonique. Ou un ensemble de musique de chambre. Différents instruments. Un quatuor à cordes. Des percussions. De l’électronique ou n’importe quel solo… comme Sébastien Beliah à la contrebasse ! » (Philip Corner)

Il s’agit avant tout d’un jeu. Un jeu aux règles très claires pour l’improvisateur, mais qui n’ont pas nécessité d’être formulées ici. Ce que l’on pourrait dire : plus l’improvisateur se fraye un chemin à travers le jeu, plus de pièges se tendent à lui, plus il faut déployer de stratégies différentes. Jusqu’à, idéalement, l’immobilité.

http://www.umlautrecords.com/
http://www.inversus-doxa.fr/-Zoor-
http://bdenzler.free.fr/

20h // 10-12€

Les Instants Chavirés
7 rue Richard Lenoir
93100 Montreuil
http://www.instantschavires.com‎

Samedi 9 février

Le langage des viscères : Treponem Pal et Dirge

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Soirée artistique résolument pluridisciplinaire (concerts, lectures, performances, projections, dédicaces…) conçue et organisée par Amine Boucekkine, auteur et musicien qui invite de nombreux artistes issus des différentes sphères de la scène alternative à le rejoindre sur scène pour opérer, le temps d’un événement, une synergie de leurs perspectives.

Après 2 ans de production et d’exploration intense, Treponem Pal (FR / Juste Une Trace) revient avec un nouvel album titré « Survival Sounds » dont les rythmes et les sonorités marquent pour le groupe un retour aux sources en même temps qu’une évolution résolument tournée vers l’avant.
treponempal.com

De sa création en 1994 jusqu’à aujourd’hui, l’entité Dirge (FR / Blight Records – Division Records) n’a cessé de muter et d’évoluer. Des froideurs industrielles des débuts aux chaleurs abrasives des derniers travaux, la musique du groupe s’est progressivement transformée en organisme terriblement vivant, étirant ses compositions vers des durées abyssales et des structures hypno-chaotiques.
dirge.fr

20h // 13-15€

Le Point Éphémère.
200 quai de Valmy
75010 Paris
http://www.pointephemere.org

Dimanche 10 février

Les Nuits de l’Alligator: Gallon Drunk, Mama Rosin et King Dude à la Maroquinerie

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Gallon Drunk

Il y a plus de vingt ans, ce groupe ressemblait déjà à un gang de zombies échappés d’un film d’horreur des années 50. Comeback de revenants, toujours possédés par un rock’n’roll sombre, esthétique et illicite. Les loups-garous de Londres sont parmi nous.

Mama Rosin

Les suisses du bayou ont enregistré un nouvel album superbe, concentré de toutes les musiques qu’on aime, produit par Jon Spencer. Donc on les réinvite, pour la paire de claques.

King Dude

Si vous lisez ceci, c’est que la fin du monde n’a pas eu lieu le 21 décembre comme prévu. Mais l’Américain T.J. Cowgill, alias King Dude, continue à y croire : folk-singer apocalyptique et gothique, dont les chansons ont poussé sous la pierre tombale de Johnny Cash.

19h30 // 18€

La Maroquinerie
23 rue Boyer
75020 Paris
http://www.lamaroquinerie.fr

 

 

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