Chaude Soirée d’ouverture pour I m From Rennes (1ère soirée électrique et tropicale). Jeudi 18 septembre 2014

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Organisée en partenariat avec la ND4J(*),  l’association I’m From Rennes qui rend très fiers les Rennais (avec raison) ouvre  le festival. Le point qu’est ce que la ND4J en fin de page. Plusieurs groupes rennais déjà cultes ou en devenir sont présents sur toutes les scènes de la belle ville et même en appartement surprise (tout le programme sur le site !).

L’occasion pour nous de faire une petit tour à l’Antipode, la MJC du quartier de Cleunay ou tu dois devenir membre de l’asso pour boire un coup alcoolisé genre bière. Ce qui fait que les rennais habitués ont tous des tonnes de cartes de membre de l’Antipode dans leurs poches à la fin de l’année musicale car ils oublient à chaque fois. Devinez les conséquences vous-même.

La soirée animée avec Canal B, la radio ferarock du 94 Mhz et sur internet s’annonce des plus chaudes avec six groupes présents sur 2 scènes alternées : Betty The Nun, Groupe ObscurPan, Superets, The Decline ! et Wonderboy, tous rennais, et ouais. Un tout petit panel de ce que peut sortir l’écurie rennaise du  moment.

Betty in the Sun, sont plutôt jeunes, (ça m’épate toujours), le batteur a un T-Shirt Motorhead mais est le groupe reste habillé preps du moment, page 243 du catalogue La Redoute, sans chaussettes, à l’aise, des chevelures ondulantes et soyeuses. On est loin de la crasse de Motorhead, et aussi du volume sonore d’autant qu’ils viennent de Vannes. N’empêche, cela souligne l’éclectisme des jeunes premiers de la pop qui viennent de sortir leur 1er EP. Je pense à Wu Life pour le meilleur mais surtout Motorama ou Real Estate (de cet été), mais je rate le début, ça commence trop tôt pour se faire une idée. Toutefois, une pop indie classieuse qui nous caresse dans le sens du poil et bien réalisée qui promet. Un peu de crasse bleutée laisse présager de belles initiatives quand ils accepteront de s’affranchir quelque peu de leurs références que tout le monde aime.

OSNI pour ce 2nd concert, côté grande scène, Groupe Obscure apparait.  Quel nom… Choc visuel évident pour un 1er abord. Chanteuse elfique diaphane à robe DIY et couronne de fleurs mortes façon couleurs Hannibal du XiXième, trublions musicaux à 12 cordes en chaussettes et toge à capuche franciscaine triple épaisseur Gandalf, masquant leurs visages très poupons. Le décor est planté, un univers à part, que vous pouvez retrouver sur leur très beau site internet. Poésie sonore lyrique et électrique les 5 compagnons délirent une pop parfois étrange, inquiétante, mais souvent aérienne. La voix impressionnante de maîtrise du type Kate Bush ou Jeff Beck, qui a probablement exercé dans une chorale étant plus jeune mérite toute l’attention du public. Les chœurs ne sont pas en reste. Une histoire, ou plutôt un conte féérique et sauvage qui empêche le public de tourner des yeux et des oreilles. Vraiment à découvrir, très étonnant. On aime ou on n’aime pas comme on dit.

Toisième groupe : Wonderboy, (jeu vidéo SEGA de 86 ?), unissent un guitariste prolixe entouré de deux membres de We are Van Peebles pour la basse et la batterie et de l’énigmatique Rouge Gorge aux claviers. Un single est sorti cette année sur le label anglais STAC Records et on peut trouver sa galette chez Rough Trade London.  Premièrement, on note le choix  matos du groupe qui saute aux yeux à tous les geeks amateurs, typé analogique avec de la bande, du gros câble, de la boite à rythme, du Hp qui craque. Juste la classe, un inventaire à la Prévert de collectionneur averti qui sait ce qu’il veut et comment sonner. En plus un ebow pour leur déjà tubesque Howlin’. Wonderboy, que dire, si ce n’est que ce type est une encyclopédie de la musique depuis les années 50 à aujourd’hui, il parait qu’il connait par cœur certains albums des Rolling Stones. Du rock lo-fi, punchy, mélodique ou dissonant, les gars sont à l’aise et crachent leur groove bluesy au micro. Accords bruts parfois à la limite du stoner sur de nouveaux morceaux, on jouit avec lui de toutes ses références subtiles au monde de la musique qu’il s’est approprié pour créer sa propre mixture savante. Au fil des notes, Wonderboy se lâche en véritable show-shaman et ça fait sacrément du bien.

Parenthèse chaleur : A cette date, il fait presque 28°c à l’extérieur, et dedans, la foule se presse, ouais c’est gratos et il fait HYPER CHAUD, MAIS GENRE HYPER CHAUD et pourtant, point de public en transe gigotatoire, point de circle pit. Yohan X est en sueur, « mais pourquoi ya pas d’bière ? ya pas un truc de nuit dans l’coin ? »

The Decline ! Changement de scène. Eux sont déjà connus dans le monde du punk rock national depuis 2009 et plusieurs tournées avec déjà une reconnaissance d’un public fidèle. Certes sans une créativité débordante à la Groupe Obscure, les punks rennais envoient du pâté, du gros steak irlandais, notamment avec leurs nouveaux morceaux aux relents de Wild Atlantic Way of punk (avec kilt). Faute de conversation métaphysique sur l’absence de bière avec Yohan à l’extérieur pour se rafraîchir, je loupe tout, mais ce n’est pas trop mon truc alors.

Pan : mon cœur s’emballe devant la température montée encore d’un cran pendant The Decline ! Ça sent le garage et la soul là-dedans « Time machine ». (Je n’arrive pas à rentrer, j’écouterai donc discrètement par derrière). Son 60’s avec harmonica chantant. On n’est pas dans la brutalité des Rennais de Combomatix qui jouent le 1er octobre au 1988 club mais dans le up-tempo soul.

Superets, bizarrement, les plus jolies jeunes filles restées en retrait se rapprochent. Je me recule donc comme un réflexe. Même si ces garçons à la coupe de cheveux sortis d’un film de Blier sont super bath, je dois me retirer doucement. Les rennais sont fiers et ont bien raison.

#140 caractères pour te dire bonne nuit.

*La Nuit des 4 Jeudis est un évènement créé par la ville de Rennes pour accueillir les nouveaux étudiants. On y trouve de l’info sur toutes les activités possibles, les droits, de la culture, d’la bonne zic, des dijis, du sport,  mais c’était surtout à l’époque un moyen pour la municipalité de palier à l’afflux de jeunes alcoolisés en hyper centre en les attirant ailleurs, dans une salle sans alcool, avec des trucs de jeunes. Je me rappelle de cette association de furets… Enfin, le fait est que le jeune va toujours en ville, et sinon squatte en dehors de la salle, s’hydrate bien avant de rentrer voir ce qui se passe. Depuis la ville de Rennes a sans doute payé des études, des enquêtes pour vérifier que leur politique culturellement jeune est efficiente. Le résultat du cabinet d’expert leur aura probablement répondu « succès en demi-teinte » selon les statistiques rapportés par les stagiaires esclaves, eux même acteurs des ND4J. En tous cas ça a le mérite d’exister et ne représente que ma propre opinion de vieux grincheux. Vive la ND4J !

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