Alela Diane – About Farewell (Rusted Blue records / Believe, 2013)

about farewell preview

On avait découvert Alela Diane dans le milieu des années 2000 avec la sortie de The Pirate’s Gospel, très beau disque dépouillé, avec une poignée de chansons parfaites. A l’époque elle a 23 ans, elle pose avec son chat sur des photos de presse (si si; mais j’y reviens après). Puis elle signe chez Rough Trade, et sa musique évolue un peu, pas forcément dans le bon sens, avec la sortie du discutable (et discuté) Alela Diane & Wild Divine, essai à la fois convenu, boursouflé et faible de faire du rock américain un peu roots, pas désagréable mais totalement dispensable.

Quelques séparations plus tard, Alela Diane revient (enfin) à ses premières amours, des histoires simples, des jolies paroles portées par sa voix caractéristique, la bande originale rêvée des feux de camps et des matins tendres d’après l’orage. (Et d’ailleurs il parait qu’elle s’est installée avec son chat, nommé Bramble Rose à Portland –merci Wikipedia-)

C’est le retour des anciens thèmes, la nostalgie, l’évocation saisissante de moments de vie. Ici le thème central est bien les relations amoureuses, les relations qui pâlissent et qui s’évanouissent avec le temps. (Il y a peut-être un rapport avec son divorce d’ailleurs). L’ouverture, Colorado Blue est une belle histoire envoûtante du passé, la guitare est discrète et rythme le propos, en fond, on retrouve quelques arrangements de cordes et des chœurs ponctuent les phrases musicales. Ensuite, sans hésiter ma chanson préférée de l’album l’éponyme About Farewell, récit de relations usées par le temps, d’au revoirs lancés comme des bouées. Dans la même idée The Way We Fall (qui commence un peu comme Playground Love de Air), continue de tracer la route du retour aux sources, des souvenirs usés portés comme des bijoux et chantés comme des sagas guerrières.

Le reste du disque est à l’avenant, on peut encore citer d’autres points culminants, Hazel Street, Rose & Thorn ou I Thought I Knew.

La guitare de la chanteuse est au centre du disque, bien portée par la voix, et par les arrangements subtils et riches réalisés par Heather Broderick pour le piano,  Holcombe Waller pour les jolis violons, et Neal Morgan à la batterie (cherchez donc qui sont ces gens, vous allez voir que si elle n’est plus sur un label qui claque, Alela Diane sait encore très bien s’entourer).

Pour résumer, c’est le disque d’une catharsis, de l’introspection, des regrets chuchotés, mais c’est aussi le disque qui trace une nouvelle voie pour l’artiste, une nouvelle direction bien familière, sans doute celle qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

Alela Diane – About Farewell (Rusted Blue records/Believe, 2013)

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